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Consanguinité

 

La consanguinité dans la Bible

 

Si l'interdiction du mariage entre un frère et une soeur semble être une évidence pour nos contemporains, c'est sans doute parce que cette interdiction est une constante inscrite depuis fort longtemps dans nos coutumes. C'est ainsi qu'on trouve dans la Bible toute une série d'unions prohibées qui serviront de base aux interdictions posées par l'Eglise. Les versets suivants illustreront à merveille notre propos.

Nul de vous ne s'approchera de sa parente pour découvrir sa nudité

Tu ne découvriras point la nudité de ton père ni de ta mère.

Tu ne découvriras point la nudité de la femme de ton père.

Tu ne découvriras point la nudité de ta sœur, fille de ton père ou fille de ta sœur, née dans la maison ou en dehors

Tu ne découvriras point la nudité de la fille de ton fils ou de la fille de ta fille.

Tu ne découvriras point la nudité de la fille de la femme de ton père, née de ton père.

Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ton père.

Tu ne découvriras point la nudité de la sœur de ta mère.

Tu ne découvriras point la nudité du frère de ton père.

Tu ne t'approcheras point de sa femme.

Tu ne découvriras point la nudité de ta belle-fille.

Tu ne découvriras point la nudité de la femme de la femme de ton frère.

Tu ne découvriras point la nudité d'une femme et de sa fille.

Tu ne prendras point la fille de son fils ni la fille de sa fille.

Tu ne prendras point la sœur de ta femme.

S'articulant autour de ces écrits, l'Eglise va distinguer quatre cas de parenté :

1- La consanguinité

2- La parenté légale

3- La parenté spirituelle

4- L'affinité

 

La consanguinité au fil du temps

 

Sous l'influence de la toute puissante administration romaine, l'Eglise développa dans le droit canonique les règles qui allaient définir les empêchements de mariage fondés sur la parenté et l'alliance. Dès le 4° siècle, l'Eglise étend l'interdiction du mariage entre cousins germains alors même que le droit romain autorisait cette union. Deux siècles plus tard, le droit canonique évolue avec les conciles du 6° siècle qui prohibent le mariage entre les enfants de cousins germains (sixième degré selon le droit romain). Au 7° siècle, afin de suivre l'évolution du droit romain en matière de succession, les ecclésiastiques décidèrent qu'aucun lien de parenté ne pouvait être reconnu après le septième degré de la computation romaine (union entre le fils et la petite-fille de cousins germains par exemple). Du fait de son extension dans toute l'Europe, l'Eglise entra en contact avec la culture germanique qui différait de la civilisation romaine. Si les romains définissaient les degrés de consanguinité en comptabilisant tous les individus séparant les futurs conjoints, le droit germain retenait le nombre de générations qui séparaient les promis d'un même ancêtre. Ainsi le degré de consanguinité entre les enfants de cousins germains se déterminait de la manière suivante : Dans l'exemple, F et G se marient. Ils ont en commun leur arrière-grand-père A. Selon la computation romaine la consanguinité est du sixième degré alors qu'elle est évaluée au troisième degré selon la computation germanique :

 

Computation Romaine
A
B (3° degré)   C (4° degré)
D (2° degré) E (5° degré)
F (1° degré) G (6° degré)

 

 
Computation germanique
A
B (1° degré)   C (1° degré)
D (2° degré)   E (2° degré)
F (3° degré)   G (3° degré)
 

 

Au 8° siècle, l'Eglise adopta définitivement la computation germanique. S'alignant par la même occasion sur le droit germanique qui limitait le règlement des successions à la sixième génération, il s'en suivit une extension considérable des interdictions de mariage. Au 9° siècle, l'Eglise alla encore plus loin en interdisant le mariage jusqu'au 7° degré, soit la septième génération. Autant dire que chaque mariage devenait l'affaire des généalogistes !!! Il faudra attendre le concile de Latran en 1215 pour que l'Eglise décide de limiter les empêchements de mariage au 4 ° degré.

 

Evolution de la consanguinité
4° siècle 3° degré
7° siècle 4° degré
8° siècle 6° degré
9° siècle 7° degré
13° siècle 4° degré computation germanique (actuelle)

 

La parenté légale

 

En reconnaissant le principe de l'adoption, le droit romain créa la parenté civile. Cette dernière fut reprise par l'Eglise qui empêcha la faculté de se marier en ligne directe. En ligne collatérale, la parenté adoptive donna lieu à l'interdiction de contracter le mariage entre frères et soeurs naturels et adoptifs. L'Eglise limita les conséquences de l'adoption à ce degré. La parenté égale était cependant un événement peu commun en raison de la rareté des adoptions légales.

 

La parenté spirituelle

 

La parenté spirituelle trouvait son fondement dans les liens qui se nouaient lors de cérémonies religieuses telles que le baptême ou la confirmation. Plusieurs cas de figure pouvaient se présenter :

La paternitas spiritualis (parenté spirituelle)

Le mariage était interdit entre le parrain et sa filleule (la marraine et son filleul). Les liens parentaux étant basés sur le principe de l'unitas carnis (les époux forment une seule chaire), le filleul ne pouvait pas non plus se marier avec l'épouse de son parrain.

La compaternitas directa

L'union entre le parrain et la marraine d'un même enfant était interdit. Lors du concile de Trente en 1563, les ecclésiastiques supprimèrent deux autres cas d'empêchement liés à la parenté spirituelle.

La compaternitas indirecta

Toujours sur le principe de l'unitas carnis, les conjoints d'un parrain et d'une marraine d'un même enfant ne pouvaient pas se marier.

La fraternitas

Etait prohibé le mariage entre le filleul et les enfants des parrain et marraine .

 

L'affinité

 

Le primum genus affinitatis

En se mariant l'époux devenait l'allié de tous les parents de son conjoint. Prenons l'exemple suivant où A est marié à B. B a un parent C. C devient l'allié de A. L'affinité dépassait le cadre du mariage. En effet, l'affinité pouvait résulter aussi bien du mariage que de la fornication. On parlait dans le deuxième cas de l'affinitas ex copula illicita. A compter de 1215, le primum genus affinitatis fut limité au même niveau que la consanguinité, soit le quatrième degré. Par contre, l'affinitas ex copula illicita fut limitée au second degré à partir de 1563.

Le secundum genus affinitatis

En s'appuyant sur l'unitas corpus, l'époux pouvait ensuite devenir l'allié des conjoints des parents de son épouse. Reprenons l'exemple précédent. A est marié à B. B a un parent C qui épouse D D devient l'allié de A.

Le tertium genus affinitatis

L'époux devenait l'allié des conjoints des conjoints des parents de son épouse !!! Toujours avec l'exemple du début A est marié à B. B a un parent C qui épouse D C meurt et D épouse E en seconde noce. E devient un allié de A.

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